Réponse directe : non, le thermostat n'est pas obligatoire en 2027 pour la grande majorité des copropriétés. Le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 a reporté l'échéance au 1er janvier 2030 pour les logements existants — seuls les bâtiments neufs, dont le permis de construire est déposé à partir du 1er janvier 2027, restent soumis à cette date-là.
Et contrairement à ce que le nom laisse penser, l'appareil n'a même pas besoin d'être « connecté ». C'est l'un des sujets où la confusion profite le plus aux entreprises qui démarchent les conseils syndicaux avec un sentiment d'urgence largement exagéré.
Le cas typique : un conseil syndical reçoit un devis présenté comme « obligation 2027 », pour l'installation de thermostats connectés sur chaque radiateur d'un immeuble à chauffage collectif. Le budget grimpe vite — plusieurs dizaines de milliers d'euros pour un immeuble de taille moyenne.
Sauf que ce même immeuble, s'il a été construit avant 2027, a en réalité jusqu'en 2030. Trois ans de marge, ce n'est pas un détail.
D'où vient cette obligation, et que dit-elle vraiment ?
Le texte de référence est l'arrêté du 8 juin 2023 relatif aux systèmes de régulation de la température des systèmes de chauffage et de refroidissement, publié au Journal officiel et consultable sur Légifrance.
Il impose l'installation d'un dispositif de régulation offrant au minimum quatre niveaux : confort, réduit, hors gel et arrêt, avec une programmation réelle, pièce par pièce ou par zone cohérente de l'immeuble.
L'objectif affiché est la sobriété énergétique — réduire le chauffage inutile dans les pièces peu occupées, sans intervention manuelle constante.
Ce que le texte n'impose pas, en revanche, mérite d'être dit clairement : le dispositif n'a pas besoin d'être connecté à une application ou à un système de pilotage à distance. Un thermostat programmable classique, à molette ou à écran, qui tient les quatre niveaux exigés, suffit à remplir l'obligation.
L'administration l'a confirmé explicitement. Beaucoup de devis commerciaux entretiennent la confusion en présentant un bouquet d'objets connectés comme la seule solution conforme — ce n'est pas exact.
2027 ou 2030 : quelle date s'applique à votre immeuble ?
C'est le point que le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 est venu clarifier, en modifiant le calendrier initial de l'arrêté de 2023 :
1er janvier 2027 : uniquement les bâtiments neufs, pour lesquels le permis de construire ou la déclaration préalable de travaux est déposé à compter de cette date.
1er janvier 2030 : tous les logements existants — c'est-à-dire la quasi-totalité du parc de copropriétés en France aujourd'hui.
Concrètement, si votre immeuble existe déjà, vous avez jusqu'à 2030, pas 2027. Un syndic ou un prestataire qui présente 2027 comme l'échéance pour un bâtiment ancien se trompe de calendrier, volontairement ou non.
Qui doit payer, et comment ça se décide en assemblée générale ?
Le principe est simple sur le papier : le propriétaire du lot finance l'installation réglementaire, qu'il occupe son logement ou qu'il le loue. C'est une obligation attachée au bien, pas à son usage.
En copropriété, dès lors que le chauffage est collectif, l'affaire devient un chantier d'intérêt commun. C'est au syndic d'inscrire les travaux à l'ordre du jour, et à l'assemblée générale de les voter — à la majorité de l'article 25 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, celle prévue pour les travaux d'économies d'énergie.
La répartition des charges se fait ensuite selon l'utilité objective du dispositif pour chaque lot, et non de façon uniforme entre tous les copropriétaires.
Deux solutions techniques coexistent pour un immeuble à chauffage collectif :
l'installation de compteurs d'énergie thermique (CET) individuels, qui mesurent la consommation réelle de chaque logement ;
ou la pose de répartiteurs de frais de chauffage (RFC) sur chaque radiateur, une solution plus légère et généralement moins coûteuse à installer.
Le choix entre les deux dépend surtout de la configuration technique du réseau de chauffage existant — un point à faire trancher par un professionnel avant le vote, pas après.
Existe-t-il des exceptions à cette obligation ?
Oui, et elles sont précisément encadrées, pas laissées à l'appréciation du syndic.
Première exception : les générateurs de chaleur indépendants dont l'alimentation en combustible n'est pas automatisée — un poêle à bois classique, par exemple, échappe à l'obligation.
Seconde exception, plus rarement invoquée : les cas où l'installation du dispositif de régulation n'est ni techniquement ni économiquement réalisable. Encore faut-il pouvoir le démontrer, avec un avis technique documenté — ce n'est pas une case à cocher de confort.
Pourquoi anticiper dès cet automne plutôt que d'attendre 2029 ?
Parce qu'un vote de travaux d'économies d'énergie en assemblée générale, ça se prépare, ça ne s'improvise pas trois mois avant l'échéance légale.
Attendre la dernière année revient souvent à subir le premier devis venu, faute de temps pour en comparer plusieurs. Et sur ce type de chantier, les écarts de prix entre prestataires sont réels — la nature du bâtiment, le réseau de chauffage existant et le nombre de lots font varier la facture du simple au double selon les cas.
La mise en concurrence des devis techniques, via le comparateur d'appels d'offres de Coproly, permet d'objectiver la comparaison avant de la soumettre au vote. Et pour resituer l'ordre de grandeur du budget envisagé face aux charges déjà existantes de l'immeuble, le baromètre des charges de copropriété donne une base de comparaison concrète.
Si un devis « thermostat connecté obligatoire dès 2027 » atterrit sur le bureau du conseil syndical d'ici la fin de l'année, la bonne réaction n'est pas de le voter dans l'urgence — c'est de vérifier l'âge du permis de construire de l'immeuble, et de comparer plusieurs offres avant la prochaine assemblée générale. Le moteur de recherche Coproly permet aussi de vérifier la réputation du syndic qui présente le devis, avant de s'engager.
Foire aux questions
Le thermostat doit-il obligatoirement être connecté ?
Non. L'arrêté du 8 juin 2023 exige un dispositif de régulation à quatre niveaux (confort, réduit, hors gel, arrêt) avec une programmation réelle, mais pas de connexion à une application ou à un pilotage à distance.
Mon immeuble a été construit en 2010, l'échéance 2027 s'applique-t-elle ?
Non. L'échéance de 2027 ne concerne que les bâtiments neufs dont le permis de construire est déposé à compter du 1er janvier 2027. Un immeuble existant relève de l'échéance du 1er janvier 2030.
Qui vote les travaux de régulation du chauffage en copropriété ?
L'assemblée générale, à la majorité de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965, la majorité prévue pour les travaux d'économies d'énergie. C'est au syndic d'inscrire le point à l'ordre du jour.
Qui paie l'installation : le copropriétaire occupant, le bailleur ou le locataire ?
Le propriétaire du lot, qu'il occupe son logement ou qu'il le loue. L'obligation est attachée au bien, pas à l'usage qui en est fait.
Existe-t-il des exceptions à l'obligation de régulation ?
Oui : les générateurs de chaleur indépendants à alimentation non automatisée (poêle à bois), et les cas où l'installation n'est techniquement ou économiquement pas réalisable, sous réserve de le démontrer.
Sources : arrêté du 8 juin 2023 relatif aux systèmes de régulation de la température des systèmes de chauffage et de refroidissement (consultable sur Légifrance) ; décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 ; article 25 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965.
